Budget participatif 2019 : autant en emporte la Loire !

C’est le printemps, c’est la débâcle. Si on n’est pas près de voir des blocs de glace charriés par la Loire, on n’est pas près non plus de voir des cyclistes emprunter le pont George V en sifflotant. Le projet de réservation d’une voie de ce pont à la circulation des vélos que nous avions soumis dans le cadre du budget participatif 2019 de la ville d’Orléans n’a pas été retenu après analyse. Il ne sera donc pas soumis au vote des citoyens. Est-ce bien acceptable ?

L’important c’est de participer (mais pas trop quand même)

Notre projet, que vous pouvez retrouver détaillé dans ce document, n’avait a priori rien de trop coûteux. A titre de comparaison, matérialiser un cheminement cyclable sur les boulevards Rocheplatte et Jean Jaurès sur près de 3 km a été officiellement chiffré à 70 000 €1. Faire la même chose pour le pont sur 500 m ne pouvait décemment pas dépasser 80 000 €. C’est d’ailleurs ce qu’avait estimé un bureau d’étude mandaté par l’agglo en 2015.

Et pourtant voici la réponse des services qui jugent le projet « non réalisable » :

« Nous accusons réception de votre projet et nous vous en remercions.
Malheureusement, il n’est pas éligible au budget participatif. En effet, comme précisé dans le descriptif du projet, cette solution a déjà été étudiée. Sa mise en œuvre est beaucoup plus complexe qu’elle ne le parait. Elle entraine des difficultés de gestion des flux entre le TRAM, les voitures et les vélos. En outre, les coûts  pour aménager les carrefours et les connexions aux extrémités du pont sont très élevés. Par ailleurs, cet aménagement ne solutionnerait pas le manque de continuité cyclable au niveau de l’avenue Dauphine d’une part et de la rue Royale d’autre part. C’est pourquoi, la Ville prévoit la création d’une passerelle pour modes doux.

Nulle part n’est précisé dans le règlement du budget participatif qu’une idée d’aménagement déjà étudiée par ailleurs ne puisse pas être soumise à nouveau.

Concernant la complexité, l’argument laisse songeur quand on sait que tous les dimanches, sans grandes complications, une des voies du pont royal est interdite aux voitures de 14h à 20h.

A la rigueur, on peut entendre l’argument selon lequel le projet serait finalement plus coûteux que la limite des 80 k€ retenue pour le budget participatif. De combien exactement ? On aurait apprécié que cela soit chiffré plus précisément.

En revanche qu’on ne vienne pas arguer d’un problème de continuité. Créer des pistes cyclables qui n’aboutissent à rien ne semble pas perturber les aménageurs orléanais comme l’exemple tout récent de la RD2020 dans le secteur Candolle le prouve. Le projet de passerelle – dont on peut toujours douter qu’il se fasse réellement un jour – ne réglera en rien ces soucis de discontinuité cyclable. Il sera plutôt à l’origine de nouveaux détours pour celles et ceux qui se déplacent à vélo !

Rendez-vous

Les projets soumis aux votes des citoyens sont présentés ce samedi 30 mars place du Martroi de 14h30 à 17h. Nous vous invitons à venir signaler combien les élu(e)s ratent une bonne occasion de savoir ce que souhaitent vraiment les Orléanais et les Orléanaises en matière de mobilité. Et rappeler combien celles et ceux qui se déplacent à vélo – et tous ceux qui voudraient s’y mettre ! – n’ont plus envie d’attendre d’hypothétiques solutions techniques couteuses2 quand une solution simple et susceptible d’être mise en place sans délais ne demande qu’une volonté politique d’agir.


Crédit photo : Smiley.toerist [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons

Notes

  1. « A Orléans, les mails Rocheplatte et Jaurès bientôt praticables à vélo », France Bleu Orléans, 13 août 2018.
  2. Il n’y a pas si longtemps c’était le passage à une seule voie du tram sur le pont !

13 réflexions au sujet de « Budget participatif 2019 : autant en emporte la Loire ! »

  1. Je persiste et signe pour « ma » passerelle accolée au pont royal ; n’ai-je pas réussi celle du pont Leclerc d’Olivet ? (!).

    1. La passerelle à Olivet n’est pas la panacée « en l’état ».

      Dans le sens nord-sud, c’est presque acceptable (il faut en vouloir pour aller dans le centre ville e/o circuler sur le trottoir bi-directionnel qui conduit à pas très loin, finalement).
      Dans le sens sud-nord, elle oblige les cyclistes à faire des tours et contours.
      Ce sans oublier que si les cyclistes circulent sur le pont, ils se font klaxonner, alors que c’est bien moins dangereux.

      1. Oui, les cyclistes qui traversent le pont d’Olivet sur la chaussée se font klaxonner. Pourquoi ? Rappel à l’ordre cher JP : aux deux extrémités le panneau rond, fond bleu, vélo blanc ; c’est quoi ? C’est : emprunt du cheminement cyclable OBLIGATOIRE et CHAUSSEE INTERDITE AUX CYCLISTES. Les « contrevenants sont donc verbalisables. Dura lex, sed lex = dure est la loi, c’est la loi. Tant il est vrai (j’emprunte, à bicyclette) très régulièrement ce pont, dont « j’ai créé la passerelle » et je constate que, notamment, les cyclistes « pseudos Tour de France », à commencer par « la bande du cheval rouge », se moquent totalement de la signalétique qu’ils bafouent sans vergogne et, qui plus est : insultent copieusement tout quidam les rappelant au code de la route + gestes déplacés à l’appui. Renseignez-vous sur les catégories socio-professionnelles des malpolis en question et, « badaboum », surprise…

        1. Je ne me cache pas, j’ai toujours poster avec ce pseudo sur Vélorution par convenance personnelle.

          Plus sérieusement, c’est glissant pas temps de pluie et ce devrait être fermé lorsqu’il y a du givre/verglas. A moins que vous ne trouviez une solution pour empêcher la formation du givre au dessus du Loiret ou de la Loire (passerelle pont Thinat).

          Quant à la future, voire les futures passerelles du Georges V, je n’y vois aucun intérêt de par le coût prohibitif du projet et de par ces espaces partagés piétons/vélo, des solutions peu pratiques selon moi, qui gênent la circulation des uns et des autres.

          Quel que soit le mode de déplacement/locomotion, nous savons pertinemment que cette « cohabitation » est plus que difficile. Je ne parlerais pas des pistes cyclables unidirectionnelles de l’Avenue Jean Zay/ Droits de L’Homme sur lesquelles on croise des vélos en sens inverse et des piétons ; de la piste 2 voies Boulevard Saint-Euverte sur laquelle déambulent régulièrement des piétons. Le respect et les civilités se perdent.

          Personnellement, ce que j’attends, sur Orléans et son agglomération en tant que « vélotafeur » quotidien (20km/jour) et promeneur du dimanche, ce sont de véritables axes cyclables, rapides, avec un minimum de signalisation verticale, en réduisant les espaces partagés.

          C’est, je pense, à ce prix là que nous pourrons développer « la petite Reine » des rues orléanaises et de son agglomération. Certaines villes ont fait de gros efforts en la matière, la balle est dans le camp des élus et décideurs.

          Cordialement.

          1. Grand merci pour vos précisions, en particulier sur « la circulation à vélo sur les passerelles ». En effet, celles-ci devraient être « exclusivement vélos », les piétons restant sur les trottoirs d’origine. Par exemple, au pont d’Olivet, effectivement, les piétons DEVRAIENT rester « en haut sur LEUR trottoir », la cohabitation sur la passerelle est néfaste et dangereuse. Persistons dans nos propositions les plus constructives, « cyclables », possibles. Régis.

  2. Entièrement d’accord avec KAT OGAN Il y a plus de bandes cyclables que de vraies pistes cyclables et quand il y en a comme sur les quais les piétons l’empruntent sans être verbalisés (quel foutoir !) et beaucoup de cyclistes sont trop indisciplinés grillant stops et feu rouge quotidiennement dans ma rue st Marc où il n’y a aucun contrôle des polices municipale et nationale c’est l’anarchie.

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